Discours
du Président Zine El Abidine Ben Ali à l'occasion du 15ème
anniversaire du Changement
(Carthage,
7 novembre 2002)
Au
Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Citoyennes,
Citoyens,
C'est
avec fierté et orgueil que nous célébrons, aujourd'hui,
le quinzième anniversaire du Changement, à l'heure où
nous accueillons, avec l'ensemble des peuples musulmans, le mois saint
de Ramadan, puisse-t-il nous apporter abondance et bénédiction,
et où nous envisageons l'avenir avec confiance et avec la détermination
d'en gagner les enjeux et d'en relever les défis. Une décennie
et demie se sont écoulée depuis que nous avons pris sur
nous de sauver le pays des dangers auxquels il était exposé.
Une décennie et demie de réformes fondamentales, de réalisations
et d'acquis dans tous les domaines, qui ont complètement changé
la physionomie du pays.
Nous
avons parié sur l'authenticité et le génie de ce
peuple et avons gagné le pari. Les horizons sont aujourd'hui
plus vastes pour la Tunisie, grâce aux nouvelles aptitudes qu'elle
a acquises dans les divers domaines, ainsi qu'à l'équilibre
et à la cohésion instaurés entre les composantes
de la communauté nationale.
Tout
en exprimant mes plus vifs remerciements à l'Organisation des
Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) pour la distinction
qu'elle vient d'attribuer à la Tunisie et à ma personne,
ainsi que ma considération pour les significations que porte
cette distinction, je tiens à remercier Monsieur Jacques Diouf,
Directeur Général de cette Organisation, pour les sentiments
nobles qu'il a exprimés, et à le féliciter des
efforts qu'il déploie à la tête de cette prestigieuse
Organisation, et lui exprimer ma considération pour sa contribution
au renforcement de la coopération féconde avec notre pays.
C'est
une étape dont nous avions exploré les perspectives depuis
le dixième anniversaire du Changement ; nous avons pu, tout au
long de la quinquennie écoulée, mettre en uvre les
orientations, les plans et les politiques que nous avions établis
à l'effet de nous y adapter, et de réaliser la plupart
des objectifs inscrits dans notre programme pour l'avenir. Ce qui confère
à cet événement national une portée particulière,
c'est qu'il est le premier à être célébré
dans le contexte de la construction de la République de demain,
et le premier depuis la réforme constitutionnelle fondamentale,
approuvée unanimement par le peuple tunisien, toutes catégories
confondues, lors du référendum que nous avons organisé
pour la première fois, dans l'histoire du pays.
La
République de demain est, aujourd'hui, une réalité
que nous bâtissons à un rythme confiant, consacrant les
nouvelles réformes constitutionnelles. C'est la république
de l'ambition, celle de toutes les Tunisiennes et de tous les Tunisiens;
celle de leur choix pour l'avenir. C'est la république de la
souveraineté pour le peuple et de la gloire pour la patrie, avec
des institutions solides favorisant la participation de tous, de tous
ceux qui veulent servir la Tunisie avec sincérité, amour
et loyauté et de tous ceux qui uvrent à son service
et se sacrifient pour sa gloire, sans exclusion ni discrimination.
Nous
avons toujours été convaincus que la Tunisie appartient
à tous les Tunisiens. Nous avons uvré et continuerons
d'uvrer pour que ce principe demeure le lien patriotique solide
et indéfectible que chacun veille à préserver et
que garantissent les valeurs et les institutions de la République.
Le
Changement est un cheminement continu, et la réforme est une
prospection permanente de l'avenir qui ne se contente pas d'accompagner
les mutations mais s'attache à préparer les réponses
aux développements subséquents.
Nous
avons opté pour la voie de la réforme parce que nous nous
sommes fondés sur un héritage national fécond et
avons puisé nos constantes et nos référentiels
dans la pensée de ses pionniers et le combat de notre peuple
et dans les attributs de son identité nationale et de sa civilisation
particulière.
Nous
évoquons avec fierté et admiration, en cette occasion,
le souvenir des pionniers de la réforme dans notre pays, ainsi
que les leaders du mouvement national, ses dirigeants, ses martyrs et
ses militants, depuis Khéreddine jusqu'à Bourguiba, en
leur rendant hommage pour leurs hauts faits et leurs sacrifices que
nous élevons à la place prestigieuse qu'ils méritent,
afin qu'ils demeurent un exemple et une référence pour
nos générations futures et des pôles lumineux dans
l'histoire de notre patrie.
Citoyennes,
Citoyens,
La
démarche adoptée depuis le Changement en matière
de réforme intégrale ne s'est pas limitée au volet
politique, mais a été cohérente dans ses dimensions,
assurant l'interdépendance des aspects économique, social
et culturel. Aujourd'hui, nous sommes pleinement conscients des défis
qui nous attendent; des défis qu'engendrent, d'un côté,
la mondialisation et les nouvelles réalités mondiales
et, de l'autre, les profondes mutations qualitatives que connaît
la société tunisienne.
La
Tunisie d'aujourd'hui, n'est plus la Tunisie d'hier; les constantes
s'y sont en effet confortées, les variables y ont profondément
évolué et son prestige s'est renforcé dans son
environnement maghrébin, arabe, africain, méditerranéen
et international, en général.
La
Tunisie d'aujourd'hui n'est plus la Tunisie d'hier, grâce au niveau
de bien-être atteint par son peuple et qu'attestent les indicateurs
de développement humain, économiques et sociaux. En outre,
les prévisions confirment l'ampleur de ces mutations à
court et à long termes. La structure démographique est
appelée à évoluer vers une structure d'âge
différente d'ici la fin de la première décennie
de ce siècle et au cours de la deuxième décennie,
avec un pourcentage plus élevé pour la tranche d'âge
de plus de soixante ans et un pourcentage plus faible pour la tranche
d'âge de moins de vingt-quatre ans (24).
La
qualité et les conditions de vie du citoyen se sont améliorées.
L'espérance de vie à la naissance a atteint, aujourd'hui,
soixante-treize ans (73) en moyenne et il est prévu qu'elle atteigne
soixante-quatorze (74) ans en 2006. Le taux de scolarisation pour les
enfants de 6 ans est, aujourd'hui, supérieur à 99 % pour
chacun des deux sexes. Quant au taux d'inscription dans l'enseignement
supérieur, il a dépassé 28 % pour la tranche d'âge
des 20-24 ans, et il est prévu qu'il dépasse 35 % en 2006
et 40 % à la fin de la décennie en cours, alors qu'il
ne représentait guère plus de 6 % en 1987.
Ce
sont là des prévisions qui illustrent clairement les contours
de la société de demain; des contours que précise
chaque jour, le processus du Changement et les efforts de développement
déployés dans tous les domaines; les contours d'un pays
qui progresse et d'un peuple mûr et cultivé, qui tire sa
richesse de l'intelligence de ses enfants et a pour objectif la promotion
de l'individu, sa dignité et son bien-être.
Ces
prévisions sont, en outre, significatives de l'ampleur des défis
qui nous attendent dans les domaines de la couverture sociale, de l'emploi,
et de la mise à niveau de notre économie pour qu'elle
soit celle de l'intelligence dans la société du savoir;
cette même société que nous nous employons à
bâtir et à en conforter les fondements, en investissant
dans le savoir, l'enseignement et les technologies modernes.
Nous
avons accordé une attention particulière à nos
politiques dans les secteurs stratégiques et vitaux tels que
les eaux et leur dessalinisation, l'énergie et ses nouvelles
sources, l'environnement et sa protection, et cela jusqu'à l'horizon
de la troisième décennie de ce siècle, afin que
le développement soit à la fois intégral et durable.
Nos
réformes politiques constituent la base sur laquelle nous nous
appuyons pour progresser avec assurance en vue de faire évoluer
la vie publique, consolider les libertés et renforcer les voies
de participation devant l'ensemble des citoyennes et des citoyens. Nous
avons déjà entrepris de mettre en uvre les dispositions
prévues par la Constitution, dans son nouveau texte, qu'il s'agisse
de la consécration de la pluralité des candidatures aux
prochaines élections présidentielles ou de la préparation
à la révision permanente des listes électorales.
Les
mois à venir seront marqués par l'élaboration des
lois spécifiques relatives à la Chambre des Conseillers,
afin qu'elle puisse parachever les conditions requises à sa création,
et occuper la place qui lui revient dans l'édifice républicain,
durant la période à venir.
Nous avons, par ailleurs, ordonné l'élaboration d'un projet
d'amendement du Code électoral que nous soumettrons à
la Chambre des Députés dans les mois à venir.
Compte
tenu de l'importance que nous accordons à l'opération
électorale, dans toutes ses étapes, dans la consécration
de l'exercice démocratique et pour garantir la crédibilité
et la transparence des élections, à tous les niveaux,
nous avions ordonné la consultation des partis politiques au
sujet de cet amendement. Ces partis ont présenté leurs
suggestions et leurs contributions au sujet des différents volets
de ce projet, et ces contributions et suggestions ne manqueront pas
de bénéficier de toute notre attention.
Nous
nous attachons, en effet, à ce que le Code électoral,
dans sa nouvelle version, soit un cadre législatif permettant
d'enrichir nos acquis sur le chemin de la consolidation du processus
pluraliste.
Nous
ordonnons, aujourd'hui, à côté des mesures que nous
avions déjà annoncées pour réduire le nombre
des bureaux de vote et simplifier les conditions d'accréditation
des observateurs par les listes électorales participantes, d'inclure,
dans le projet, un ensemble de dispositions et de garanties nouvelles,
au sujet de l'inscription sur les listes électorales, en introduisant
l'obligation de remettre, à tout citoyen qui le demande, un récépissé
lui permettant de garantir son droit de contestation, en cas de besoin.
Un surcroît de garanties seront également octroyées
aux électeurs, à travers la révision de la composition
des commissions régionales chargées de trancher les litiges
relatifs à l'inscription et dont le projet d'amendement confiera
la présidence à un magistrat.
Dans
le but de conférer davantage d'efficacité à l'opération
de distribution des cartes électorales et d'offrir le maximum
d'opportunités aux électeurs pour recevoir ces cartes,
nous prorogerons la période accordée à la commission
chargée de statuer sur les demandes des électeurs inscrits
qui n'auront pas obtenu leurs cartes dans les délais. Il s'agit
d'une commission à laquelle participent les partis politiques.
Nous
ordonnons, également, que le nouveau projet, porte interdiction,
aux membres des bureaux de vote, de porter un quelconque signe ou indication
sur leur appartenance politique, chaque président de bureau de
vote devant veiller à l'exécution de cette mesure qui
s'appliquera, aussi, aux observateurs.
Dans
le but de consolider les garanties offertes aux candidats et d'appliquer
le principe d'égalité entre eux, le projet d'amendement
du Code électoral permettra, en outre, aux observateurs, de consigner
leurs observations sur le déroulement de l'opération de
vote et de les présenter sous la forme d'une note qui devra impérativement
être jointe au procès-verbal du dépouillement qui
en fera mention, ceci en plus des garanties mentionnées actuellement
par le Code au bénéfice des observateurs, au sujet du
dépouillement du scrutin.
Après
avoir ouvert la voie à la pluralité des candidatures aux
prochaines élections présidentielles, au moyen du projet
de loi constitutionnelle que nous avons récemment présenté,
nous annonçons, aujourd'hui, notre décision de simplifier
les conditions d'attribution de la subvention accordée aux candidats
à la présidence de la République, de telle sorte
qu'ils puissent couvrir les frais de leurs campagnes électorales;
et cela en abaissant de 5% à 3% des suffrages exprimés,
le minimum de voix obtenues requises pour avoir droit au versement de
la deuxième tranche de ladite subvention, et pour la récupération,
par le candidat, de la caution financière qu'il aura versée.
Nous
veillerons à ce que les prochaines élections soient une
nouvelle occasion pour la participation des différentes parties,
dans le cadre des principes de transparence, et de l'émulation
démocratique, avec ses nobles valeurs et son éthique.
Ce sera, aussi, un événement au cours duquel nous offrirons
aux pays frères et amis qui souhaitent y assister, toutes les
conditions propices à cet effet.
Nous
avons voulu que cette étape, celle de la construction de la République
de demain, soit marquée par une consolidation accrue du pluralisme
dans la vie publique, ainsi que le renforcement et l'extension de la
participation des partis politiques à l'uvre nationale,
afin d'enrichir le paysage politique dans le pays, de conforter le rôle
des partis dans le domaine de l'encadrement et de l'orientation, et
de favoriser le renforcement de leurs activités sur le terrain,
de manière à faire connaître leurs programmes et
leurs points de vue.
Dans
le but d'offrir aux partis politiques, aux organisations nationales
et aux composantes du tissu associatif, davantage d'opportunités
pour faire connaître leurs activités et leurs programmes,
l'Etablissement de la Radio et de la Télévision Tunisienne
se doit d'uvrer davantage à couvrir les rencontres et autres
activités importantes de ces partis, organisations et associations.
Nous
avons fait de la consécration des valeurs des droits de l'homme
l'un des fondements de la réforme constitutionnelle, en consolidant
leurs principes et en élargissant leur aire de protection, dans
le texte même de la Constitution. Nous avons veillé, à
cet effet, à assurer la sauvegarde des données personnelles,
tant nous avons la conviction inébranlable que la dignité
de l'individu est indissociable de l'inviolabilité des données
particulières de sa vie privée, surtout au vu des progrès
enregistrés dans le traitement informatique des données.
Voilà bien pourquoi nous nous proposons de soumettre, incessamment
à la Chambre des Députés, un projet de loi fixant
les procédures et les modalités de protection des données
personnelles; les dispositions de ce projet couvriront les méthodes
de traitement tant mécaniques que manuels de ces données.
Citoyennes,
Citoyens,
La Tunisie du Changement est un pays de dialogue et de concorde sociale.
Tout en rappelant la réussite du dernier tour des négociations
sociales et l'attachement au maintien de ce choix fondamental et au
renforcement continu du pouvoir d'achat du citoyen, en dépit
d'une conjoncture économique difficile et malgré les données
de la conjoncture mondiale actuelle, je tiens à exprimer mes
vifs remerciements et ma considération à tous les partenaires
sociaux et, en premier lieu, à l'Union Générale
Tunisienne du Travail, à l'Union Tunisienne de l'Industrie, du
Commerce et de l'Artisanat, à l'Union Tunisienne de l'Agriculture
et de la Pêche, et aux représentants de l'Administration
et des entreprises publiques, en saluant leur patriotisme, la conscience
qu'ils ont des défis et des enjeux, et leur attachement à
concilier le renforcement des acquis sociaux avec l'intérêt
supérieur de la patrie.
A
la lumière des difficultés de la conjoncture mondiale
actuelle et de la récession que l'économie mondiale a
connue au cours de ces dernières années, tout le monde,
et toutes les parties, se doivent de faire preuve d'un surcroît
de labeur, de vigilance et d'esprit d'initiative, afin que la Tunisie
puisse poursuivre sa progression avec assurance dans cet environnement
instable et pour que notre économie nationale puisse s'adapter
aux développements éventuels, avec la rapidité
requise et la compétence nécessaire.
Notre
attachement à emprunter la voie du dialogue n'a d'égal
que notre souci de réaliser nos priorités fondamentales
et, au premier rang desquelles, l'emploi. Grâce aux politiques
et aux initiatives que nous avons adoptées dans ce domaine, nous
avons pu réaliser un rythme de progression appréciable
et un taux élevé de satisfaction des demandes additionnelles
d'emploi, tout particulièrement au profit des titulaires de diplômes
universitaires.
Ces
résultats ont été rendus possibles par les instruments
et mécanismes de l'économie solidaire que nous avons mis
en place, c'est-à-dire, en premier lieu, le Fonds de Solidarité
Nationale 26-26, le Fonds National de l'Emploi 21-21, ainsi que la Banque
Tunisienne de Solidarité, le système de micro-crédits
et les diverses structures d'appui spécialisées.
Je voudrais, à ce sujet, réitérer mon appel aux
entreprises économiques pour qu'elles déploient plus d'effort
en faveur de la promotion de l'emploi et du renforcement des taux d'encadrement.
C'est
que la technologie, si avancée soit-elle, perd son efficacité,
en l'absence d'une intelligence humaine capable de la maîtriser
et d'exploiter les potentialités qu'elle offre.
Notre pays a accompli, dans ce domaine, un bond qualitatif qui a hissé
le système éducatif à des niveaux de rendement
et d'efficacité plus élevés. Le nombre des étudiants
à l'université a ainsi été multiplié
par sept environ, depuis le Changement, et les établissements
universitaires se sont multipliés dans les diverses régions
du pays, tandis que le nombre des filières d'études est
passé de deux cents (200) à plus de quatre cents (400),
en relation avec l'évolution et la diversification des besoins
de la nouvelle économie. Tout en confirmant la pertinence de
nos choix, les résultats enregistrés nous placent aussi
devant un certain nombre de défis et, en premier lieu, l'aménagement
des conditions adéquates pour l'hébergement des étudiants
et pour assurer leur transport, tout particulièrement dans certaines
villes et régions où le tissu universitaire voit le jour
pour la première fois.
Dans
le but de renforcer les chances de réussite de nos filles et
de nos fils, dans l'enseignement supérieur, nous ordonnons d'entreprendre
un effort supplémentaire cette année, en réservant
les moyens matériels requis pour commencer, dès maintenant,
à procurer des foyers universitaires supplémentaires et
d'accélérer la réalisation des foyers en cours,
en vue de les parachever, en accordant la priorité absolue à
ce projet, même si cela nécessite la révision de
l'ordre des priorités pour certains autres projets.
Nous
ordonnons, également, d'instaurer des incitations supplémentaires
au profit des promoteurs privés qui s'engageraient à réaliser
des projets d'hébergement pour étudiants, devant être
prêts pour la prochaine rentrée et les rentrées
ultérieures, jusqu'à la fin de l'année 2004, afin
que le secteur privé contribue à l'hébergement
des nouveaux flux universitaires dont le nombre atteindra, selon les
prévisions, près de 350.000, après deux ans, et
dépassera un demi-million avant la fin de la décennie
en cours.
En
ce qui concerne l'année universitaire en cours, nous avons ordonné
aux ministères et aux entreprises et établissements publics
qui disposent, dans les régions, de bâtiments pouvant héberger
les étudiants, de les mettre à la disposition de l'Organisation
de l'Education et de la Famille afin de les exploiter à cette
fin.
Nous
avons, également, ordonné d'affecter des moyens de transports
supplémentaires pour faciliter les déplacements des étudiants,
dans tous les centres universitaires.
Citoyennes,
Citoyens,
Dans la Tunisie d'aujourd'hui, ont disparu les disparités excessives
entre les régions, tant au niveau de l'infrastructure qu'au niveau
de l'éducation, des équipements collectifs, de la création
d'emplois et de sources de revenus, et de l'aménagement de zones
industrielles. Nous avons considéré les politiques de
développement régional comme des priorités majeures
et avons consenti un effort supplémentaire au profit des zones
qui en ont le plus besoin.
Nous
avons entamé l'exécution du dixième Plan, à
un rythme qui, en cette étape, rapproche notre pays, des pays
avancés.
La
Tunisie a, ainsi, enregistré des résultats satisfaisants,
malgré les difficultés climatiques de ces dernières
années, la récession que connaît l'économie
mondiale, la régression au niveau des échanges commerciaux
et la crise qui a affecté certains secteurs, à la suite
des événements du 11 septembre 2001. Ces résultats
ont, en effet, démontré que l'économie tunisienne
a pu préserver ses équilibres et sa cohésion interne,
dès lors que nous avons pris à temps les mesures qui s'imposaient
pour parer à toutes ses fluctuations.
Nous
continuons de suivre avec la plus grande attention l'évolution
de la conjoncture économique mondiale, en vue d'assurer à
notre action de développement les meilleures perspectives, surtout
après que de nombreux secteurs ont retrouvé, tout dernièrement,
leur vitalité. C'est ce qui nécessite un surcroît
d'efforts et de labeur, et un surcroît de suivi attentif et de
vigilance de la part de toutes les parties. L'Etat, pour sa part, a
accompli le rôle qui lui incombe en la matière, en veillant
à la rationalisation des dépenses publiques, sans remettre
en cause les choix et les priorités du pays, et en continuant
à améliorer l'infrastructure économique et à
maîtriser la dette et le taux d'inflation.
Il
appartient aux hommes d'affaires de persévérer davantage
dans leurs efforts pour dynamiser le rythme de l'investissement privé
et des exportations, et accéder aux marchés extérieurs.
Il faut souligner, en l'occurrence, que l'accélération
du rythme de création de nouvelles entreprises représente
un enjeu essentiel et un impératif stratégique pour la
réalisation de nos objectifs en matière d'emploi, de développement
et de bien-être.
Vous percevez, sans doute, l'importance de la période à
venir. Elle représentera, en effet, une phase déterminante
dans notre processus d'association avec l'Union Européenne, qui
nous commande de parachever les facteurs déterminants de notre
compétitivité, de faire réussir le programme de
mise à niveau et de l'étendre aux secteurs des services
et de l'agriculture, et d'édifier une économie moderne
et cohérente. Au premier rang de ces facteurs déterminants
figure l'édification de la société de l'information
pour laquelle nous avons déjà mis en place l'infrastructure
requise, au niveau des technologies des communications et de la généralisation
de leurs réseaux. Ce qui a eu le meilleur effet sur la mise à
niveau de l'environnement de production.
Dans
ce contexte, nous ordonnons de consentir de nouvelles réductions,
à concurrence de 50%, sur les tarifs de connexion aux réseaux
de transmission de données destinées aux entreprises économiques.
Nous ordonnons, également, d'augmenter la capacité du
réseau de téléphone numérique d'un million
de lignes supplémentaires, au cours de l'année prochaine.
Nous
poursuivrons, par ailleurs, les efforts déployés, en vue
de consolider et de moderniser les autres volets de l'infrastructure
de base.
Maintenant
que nous avons achevé la réalisation de l'autoroute Tunis-Bizerte
et entamé la réalisation de l'autoroute Tunis-Oued Zerga,
nous entamerons, dans le courant de l'année 2003, les travaux
de l'autoroute M'saken-Sfax. Nous ordonnons, également, d'entamer
les études relatives à l'autoroute Sfax-Ras Jedir.
Quant
au domaine de la mobilisation des ressources en eau, et en vue de compléter
le plan qui a été établi en la matière,
nous ordonnons d'entamer la construction de trois nouveaux barrages
dans le Nord du pays.
Nous
n'avons jamais perdu de vue, en tout ce que nous avons réalisé
pour construire l'économie nationale, la nécessité
d'assurer l'interdépendance entre l'environnement et le développement,
et la complémentarité entre les fonctions de production
et de protection, pour les activités basées essentiellement
sur les ressources naturelles.
Le
secteur de l'agriculture et de la pêche a connu, également,
depuis le Changement, une évolution qualitative qui a assuré,
au pays, la sécurité alimentaire et la satisfaction de
ses besoins en eau, et a contribué à l'amélioration
de la balance commerciale.
C'est
d'ailleurs la plate-forme solide dont a été doté
le secteur agricole, qui a permis de faire face aux effets de la sécheresse,
au cours des quatre années successives.
Nous
ordonnons, aujourd'hui, de réaliser une étude approfondie
sur le phénomène des variations climatiques et leurs nouvelles
incidences sur le secteur agricole et sur l'écosystème
dans notre pays, afin d'en identifier les risques et de définir
les voies et moyens de les pallier. Il s'agit, en l'occurrence, de définir
une stratégie cohérente et des programmes opérationnels
pour en limiter les effets négatifs, et de préparer les
solutions de rechange envisageables pour protéger les capacités
de production et tirer un meilleur profit des années pluvieuses.
L'initiative
constitue, aujourd'hui, le support de l'économie nationale et
la source de la production et de l'emploi.
Dans
le souci d'assurer un meilleur encadrement des investisseurs et des
jeunes promoteurs et d'aplanir les obstacles qu'ils peuvent rencontrer,
nous appelons les offices régionaux de développement à
concentrer leurs efforts, au cours de la période à venir,
sur le soutien à l'investissement privé dans les régions,
au moyen, notamment, du parrainage des promoteurs et de leur assistance
dans l'élaboration des études et dans l'obtention des
moyens de financement requis, par les voies les plus aisées,
ainsi que dans la réalisation rapide de leurs projets.
Eu
égard au rôle des sociétés d'investissement
dans l'assistance aux promoteurs et dans la diversification du tissu
économique, nous avons décidé de doubler le capital
des sociétés d'investissements des régions du Nord-Ouest,
du Centre-Ouest et du Sud, de manière à leur donner une
nouvelle impulsion, à conférer plus d'efficacité
à leurs interventions et à les élever au niveau
souhaité.
Par
ailleurs, et en vue de stimuler l'initiative et d'offrir à tous
ceux qui, parmi les cadres et les fonctionnaires exerçant dans
le secteur public, sen sentent capables de réaliser un projet
individuel, nous avons décidé d'accorder à tous
ceux dont les projets répondent aux critères d'éligibilité
et de rentabilité, un congé d'une année, renouvelable
une seule fois, afin qu'ils puissent se consacrer à la réalisation
de leurs projets, dans les zones de développement régional,
en leur attribuant la moitié de leurs rémunérations
pendant la période de mise en disponibilité.
En
vue de compléter les mécanismes et instruments que nous
avons créés pour soutenir l'investissement, et de permettre
aux petites et moyennes entreprises d'accéder aux financements
requis, nous ordonnons, aujourd'hui, de créer un système
de garantie des crédits et des participations au profit des entreprises
des secteurs non-agricoles. Ce système s'appliquera aux projets
nouveaux dont le coût n'excède pas trois millions de dinars
et concernera les crédits à moyen et à long termes,
ainsi que les participations des sociétés d'investissement
et les prêts à court terme au profit des entreprises nouvellement
créées.
Nous
ordonnons, également, l'instauration d'un ensemble d'incitations
supplémentaires à la création de cette catégorie
de projets, ainsi que des incitations fiscales au bénéfice
des titulaires de comptes d'épargne destinés à
l'investissement.
Conformément à ce qui a été inscrit dans
notre Programme pour l'avenir, au sujet de la création d'un nouveau
technopole chaque année, nous ordonnons, aujourd'hui, de commencer
la réalisation, au cours de l'année 2003, de deux nouveaux
technopoles, l'un à Borj Cedria et l'autre à Sidi Thabet.
De
la sorte, nous franchissons un nouveau pas en direction de la réalisation
de l'interdépendance et de la complémentarité entre,
d'une part, le système de l'enseignement supérieur, de
la recherche scientifique et technologique et de la formation professionnelle,
et, d'autre part, les mécanismes de création des projets
et des entreprises dans les secteurs innovants.
Le
secteur de l'artisanat étant l'un des supports essentiels de
l'économie, et du fait de son rôle important dans la consolidation
de l'identité et de la culture nationales, en plus du nombre
élevé des personnes qui y travaillent, et qui atteint,
aujourd'hui, près de 300.000 artisans, nous avions ordonné
de soumettre les conclusions de l'étude stratégique relative
au secteur de l'artisanat à l'horizon 2016, à une consultation
nationale, qui a rencontré, auprès des personnes concernées
travaillant dans ce secteur, un accueil et une réaction favorables,
dans les différentes régions du pays.
Citoyennes,
Citoyens,
Parmi les facteurs déterminants de la stabilité, il y
a l'équilibre, la modération et le principe de juste milieu.
Nos choix dans les domaines politique, économique et culturel,
ont ainsi permis de consacrer le concept de société médiane
ou de juste milieu, un concept pluri-dimensionnel qui trouve son fondement
matériel dans l'importance de la classe moyenne qui représente,
aujourd'hui, plus des trois-quarts de la population de notre pays.
C'est
là un acquis que nous nous emploierons à consolider afin
qu'il n'y ait, dans notre pays, aucune place pour la marginalisation
ni pour les disparités profondes. Nous nous appuierons, à
cet effet, sur des constantes et des choix dont nous ne nous départirons
pas en matière de développement économique et social;
des choix qui ont pour fondement la répartition équitable
des richesses entre les différentes régions et catégories
sociales, et une vision profonde de la solidarité.
Ce
sont ces mêmes principes que nous prônons et pour lesquels
nous uvrons sur la scène internationale, tant il est vrai
que l'un des plus grands dangers qui menacent la solidarité humaine,
réside dans l'aggravation des inégalités entre
pays riches et pays pauvres, avec les tragédies, les conflits
et les sentiments de désespoir et de frustration qui en résultent.
Le
principe de solidarité entre les Etats et les peuples reste,
à cet égard, un facteur essentiel pour remédier
aux causes de ces dangers, et pour réduire ces inégalités
qui mettent en péril la sécurité et la stabilité
dans le monde. C'est pour cela que nous avons préconisé
la création d'un Fonds Mondial de Solidarité, proposition
qui a recueilli l'unanimité aux Nations Unies et bénéficié
d'un large soutien international. Notre vu est que ce fonds voie
le jour dans les délais les plus proches, à la faveur
des efforts entrepris par toutes les parties, dans le cadre des Nations
Unies.
La
consécration de ce principe, au niveau international, commande
le renforcement de la culture de l'entente, de la coopération
et de la solidarité entre les peuples, ainsi que l'enracinement
et la promotion de ses valeurs et de ses concepts. Nous sommes persuadés
que les penseurs et les intellectuels, partout dans le monde, sont les
plus aptes, avant les autres, à accomplir cette noble mission.
A
titre de contribution de la part de notre pays, à la diffusion
et à l'encouragement de cette culture, nous annonçons,
aujourd'hui, notre décision de créer un "Prix du
Président de la République pour la solidarité mondiale"
qui sera décerné à quiconque se distingue dans
ce domaine à l'échelle mondiale, parmi les penseurs, artistes
et intellectuels ou parmi les organisations et les associations.
Nous
avons veillé, depuis le Changement, à la consolidation
des nobles principes de notre religion sublime en matière de
modération, d'entraide, de solidarité et de coopération.
Nous avons toujours prôné le dialogue entre les civilisations
et les cultures. En outre, nous uvrons sans relâche à
la consolidation de l'image lumineuse de l'Islam dans le monde, surtout
depuis que les actes criminels des terroristes en ont déformé
la réalité aux yeux de l'occident.
Dans
le but de contribuer à la sensibilisation des spécialistes
en la matière à la nécessité de déployer
un surcroît d'efforts dans ce domaine, nous annonçons la
création d'un "Prix mondial du Président de la République
pour les études islamiques", dans le but d'enrichir la pensée
et l'effort d'Ijtihad (l'interprétation créatrice), qui
a foi dans le dialogue et l'ouverture et qui rejette l'immobilisme et
le repli sur soi.
Citoyennes,
Citoyens,
Nous avons accordé à la justice et au corps de la magistrature,
avec toutes leurs composantes, toute l'attention nécessaire,
et avons constamment veillé à préserver l'indépendance
de la justice, dans le cadre des règles républicaines
et des principes de la Constitution.
Nous
avions déjà eu à exprimer, au moment où
nous avions présidé les cérémonies de célébration
du centenaire du Barreau tunisien, notre appréciation pour le
rôle accompli par cette profession dans le sens de la consécration
de la justice et de l'équité.
Or,
il est devenu impératif de rationaliser l'organisation de cette
profession; ce qui nécessite une étude en la matière
en vue de la création d'un Institut supérieur de formation
à la profession d'avocat, au sein duquel les diplômés
habilités à l'exercice de cette profession recevraient
une formation complémentaire, tout en maintenant le droit des
diplômés du troisième cycle d'exercer cette profession.
Nous
nous emploierons, en outre, à protéger cette profession
contre certaines pratiques illicites, telles que le fait d'exploiter
la dispense du ministère d'avocat pour exercer illégalement
cette profession.
L'évolution
de la législation exige, aujourd'hui, la garantie d'une aire
d'intervention plus large pour l'avocat, par l'élaboration des
textes permettant de faire de l'avocat le spécialiste exclusif
en matière de rédaction des contrats relatifs au fonds
de commerce, et d'instituer le recours aux services de l'avocat en matière
de litiges fiscaux portant sur des montants supérieurs à
une valeur à déterminer par la loi, ainsi que les différends
qui intéressent les sociétés de recouvrement des
créances.
Nous
nous préoccupons, en outre, d'instaurer un régime de protection
sociale au profit des avocats, comme nous l'avons fait pour les autres
catégories professionnelles.
Compte tenu de l'entière sollicitude dont nous avons entouré
les jeunes avocats pour qu'ils entament leur vie professionnelle avec
le maximum de chances de réussite, nous préconisons de
renforcer leur encadrement. Nous ordonnons, également, d'étudier
les voies et moyens de les aider à assurer leur premier établissement
à propre compte. Dans le but d'encourager les avocats débutants,
nous ordonnons, en outre, de majorer, une fois de plus, l'indemnité
de réquisition.
D'un
autre côté, nous avons ordonné de prendre les mesures
permettant de faciliter davantage les conditions de travail de l'avocat
au sein des tribunaux, sur la base du devoir de respect de l'autorité
judiciaire, dans le cadre de la coopération entre les différentes
composantes du corps de la justice.
Citoyennes,
Citoyens,
La
famille constitue le noyau essentiel du tissu social. C'est pour cela
que nous lui avons prodigué sollicitude et protection, au moyen
des diverses réformes législatives que nous avons mises
en uvre à cet effet, afin que ses membres assument leur
rôle, dans le cadre de la cohésion totale et du comportement
civilisé qui est de l'essence de notre culture.
Il y a, dans nos choix constants au sujet de la femme, tout ce qui est
de nature à conforter en permanence la situation de la famille,
puisque nous avons assuré à la femme tunisienne tous les
attributs de la dignité et de l'égalité avec l'homme,
dans le texte comme dans la pratique.
La
femme tunisienne, de par sa condition réconfortante et sa conscience
éveillée représente, aujourd'hui, un puissant support
pour le Changement, ainsi que pour la préparation de l'avenir.
Dans
cette même perspective, nous avons accordé une position
privilégiée à l'enfance tunisienne, en lui assurant
toutes les garanties et les mécanismes nécessaires à
sa protection, à la protection de ses droits et à son
éducation sur des bases saines. Dans le souci d'améliorer
encore cette condition, afin qu'elle évolue au rythme des mutations
attendues aux divers niveaux, nous ordonnons, aujourd'hui, d'entamer
l'élaboration d'un plan d'action national pour la deuxième
décennie (2002-2011) au profit de l'enfance, en vue de promouvoir
les acquis et les réalisations accomplis à son bénéfice,
au cours de la première décennie.
Notre
sollicitude envers l'enfance est un pari sur la Tunisie de demain dont
nous préparons, aujourd'hui, les jeunes, à assumer un
rôle efficient dans notre action pour le développement.
Face aux défis prévisibles, les jeunes se doivent de faire
preuve d'un surcroît d'efforts et de labeur, pour se distinguer
et atteindre l'excellence dans tous les domaines, et pour s'armer d'ambition
et de volonté de transcendance, par amour pour la patrie et par
fidélité à sa bannière. La prochaine consultation
des jeunes constituera, à cet égard, une occasion propice
à l'évaluation des réalisations accomplies et à
l'élaboration d'un plan national ambitieux pour promouvoir sans
cesse la condition des jeunes, dans les différents domaines,
jusqu'à l'horizon de la fin de la décennie en cours.
Nous
avons par ailleurs accordé aux loisirs une attention particulière,
qui a intéressé toutes les couches de la société.
A cet égard, nous ordonnons, aujourd'hui, l'élaboration,
en coordination avec toutes les parties concernées, d'un plan
national en faveur des jeunes, relevant de l'ensemble des catégories
sociales. Ce plan devra améliorer l'organisation du temps libre
et l'exploitation des espaces existants, promouvoir les activités
récréatives en fonction des besoins de toutes les catégories
et tranches d'âge, et assurer la conciliation entre l'utile et
l'agréable, tout en laissant la porte ouverte aux privés
pour exploiter les possibilités de publicité et de sponsoring,
dans les activités récréatives, outre l'encouragement
de ce secteur à investir dans ces activités.
L'effort
national déployé en faveur de la promotion du secteur
de la culture dans notre pays, a été multiplié
par deux à la faveur de l'objectif que nous lui avons assigné
dans notre Programme pour l'avenir, fait ressortir, aujourd'hui, les
nouvelles perspectives ouvertes devant la culture et les intellectuels,
pour produire, innover et remporter des prix et des consécrations,
aux niveaux national et international. Nous considérons, à
cet égard, que le développement culturel représente
un appui essentiel pour gagner le pari de la mondialisation et consolider
les attributs de notre identité nationale. C'est ce qui nous
commande, à tous, d'accorder tout l'intérêt à
l'industrie culturelle, à sa diversification et à sa promotion,
ainsi que d'encourager le secteur privé à y investir.
Nous
avons, en outre, accordé au secteur de l'information, les encouragements
et la sollicitude qu'il mérite, et lui avons aménagé
les meilleures conditions, ainsi que les moyens requis et les garanties
légales, pour qu'il puisse accomplir sa mission dans un climat
politique sain. Nous avons, également, offert aux journaux des
partis, l'opportunité de contribuer à enrichir le paysage
médiatique et lui avons apporté le soutien approprié
pour qu'ils puissent faire connaître leurs programmes, leurs positions
et leurs approches, et participer à la consécration continue
du processus démocratique pluraliste.
Nous
voulons une information qui puise son contenu dans le droit à
la différence et la liberté d'opinion; une information
qui sache s'élever à la hauteur des règles qu'imposent
l'éthique de la profession et ses nobles objectifs, évitant,
ainsi, de tomber dans les platitudes, la diffamation et la quête
du gain immédiat au détriment de sa noble mission. Une
information qui sache habituer toutes les parties, qu'il s'agisse des
journalistes, des lecteurs, auditeurs ou spectateurs, ou encore des
responsables, à accepter la critique et à respecter l'opinion
différente; ce qui ne ferait que renforcer les valeurs de pluralisme
et la liberté d'expression au sein de notre société,
et permettre à l'information de jouer pleinement son rôle
au service des causes nationales.
Nous
nous emploierons à multiplier les tribunes de dialogue dans la
presse écrite comme dans les médias audio-visuels, de
manière à contribuer au renforcement de la participation
de toutes les composantes de la société et à faire
connaître les différentes opinions et analyses.
Dans
le but de consolider ce choix, nous ordonnons, par ailleurs, de consacrer
une émission télévisuelle à la retransmission
en direct des délibérations des séances sectorielles
de la Chambre des Députés.
Nous
invitons, également, la Radio et la Télévision
à mettre à profit les possibilités qu'offre la
technologie numérique, pour étendre la portée des
médias audiovisuels, dans le sens de la création de canaux
spécialisés et de canaux régionaux, qui soient
plus proches des préoccupations du citoyen dans leurs régions,
de manière à s'adapter à la diversification et
à la multiplication des préoccupations et des goûts,
et à permettre à notre pays d'accompagner la révolution
médiatique dans le monde.
Citoyennes,
Citoyens,
L'attachement à l'édification du Maghreb constitue l'une
de nos constantes. Aussi avons-nous uvré avec détermination,
en vue de consolider nos relations bilatérales et d'élargir
la base de notre coopération avec les pays maghrébins
frères. Nous n'avons ménagé aucun effort, depuis
la création de l'Union du Maghreb Arabe pour promouvoir l'action
maghrébine commune, et uvrer de concert avec nos frères,
les dirigeants des pays de la région, à transcender les
difficultés conjoncturelles pour concrétiser l'objectif
souhaité et réaliser les aspirations de nos peuples à
la complémentarité et à l'unité.
L'une
de nos constantes incontournables réside, d'autre part, dans
le soutien au peuple palestinien frère pour le recouvrement de
la plénitude de ses droits légitimes, et en premier lieu,
son droit à l'autodétermination et à la création
d'un Etat indépendant sur son sol national, avec pour capitale
Al-Qods Al-Sharif. Tout en réaffirmant notre solidarité
à ce peuple, dans son combat légitime, nous exprimons
notre profonde préoccupation devant la persistance des agressions
quotidiennes dont il est la cible et devant les actes des forces israéliennes
d'occupation contre les dirigeants légitimes de ce peuple, et
leur acharnement à détruire son infrastructure et à
paralyser ses institutions.
La
Tunisie, qui réaffirme sa position constante au sujet de cette
cause juste, exhorte les parties influentes sur la scène internationale,
à agir avec fermeté en vue d'assurer rapidement une protection
au peuple palestinien frère, et d'aménager les conditions
propices à la reprise des négociations, en tant qu'unique
voie pour réaliser une paix juste, globale et durable pour tous
les peuples de la région.
Pour
que la sécurité et la stabilité se réalisent
dans la région du Moyen-Orient, il importe, également,
de progresser dans le règlement du problème irakien, par
les voies pacifiques. Nous sommes persuadés que le dialogue entre
les Nations Unies et l'Irak représente la meilleure voie pour
le règlement des problèmes en suspens, et cela tout particulièrement
après la coopération positive dont les autorités
irakiennes ont fait preuve avec les Nations Unies.
Les
actes terroristes du 11 septembre 2001 et les graves répercussions
qu'ils ont eues sur la stabilité, la sécurité et
l'entente dans le monde, commandent à la communauté internationale
de consolider sa coopération dans la lutte contre l'extrémisme
et le terrorisme et de remédier à leurs causes, sur la
base d'une approche globale et cohérente, fondée sur le
dialogue, la solidarité et l'entraide.
Nous
avions déjà eu à mettre en garde contre les périls
inhérents à ce phénomène, depuis le début
des années 90, lorsque nous avions précisé que
le fanatisme et le terrorisme souillaient l'histoire de l'humanité,
du fait d'un esprit rétrograde et par le recours aux actes sanglants.
Nous avions expliqué que le terrorisme ne pouvait être
extirpé que par la remise en cause de la nature du traitement
que certaines parties occidentales réservent à ses tenants.
Nous avions, en outre, du haut des tribunes onusiennes et régionales,
appelé la société civile à définir
des règles de conduite en la matière.
Nous
sommes convaincus que le moment est venu de convoquer la conférence
internationale que nous avions préconisée pour élaborer
un code de conduite international qui engagerait tous les Etats et aiderait
à l'instauration d'un dialogue responsable, transcendant les
" deux poids et deux mesures" et délimitant les dénominateurs
communs pour la lutte contre le terrorisme.
Nous avons, aussi, uvré, dans ce cadre, à donner
à la solidarité la place qu'elle mérite dans les
relations internationales, afin de faire disparaître les déséquilibres
économiques et sociaux dont se nourrit le terrorisme.
L'extrémisme
et le terrorisme sont deux phénomènes extrêmement
graves qui menacent l'homme dans ses droits les plus chers et les plus
précieux. Tout en rendant un vibrant hommage aux militants sincères
des droits de l'homme, qu'il s'agisse de personnalités, d'organisations
onusiennes ou non-gouvernementales, d'associations ou d'institutions,
nous considérons que le fait de s'écarter des nobles valeurs
des droits de l'homme, en se faisant l'écho des allégations
et des mensonges des extrémistes, renforce l'extrémisme
et le terrorisme et en accroît la gravité.
Autant
elle respecte le militantisme honnête et le dialogue sincère,
autant la Tunisie, Etat de droit, rejette les déviations qui
affectent l'essence même des droits de l'homme et leurs nobles
principes.
En
outre, nous condamnons quiconque s'avise d'attaquer son propre pays
à partir de l'étranger, et de s'en prendre à ses
intérêts, par lâcheté et trahison. Tout en
réaffirmant que nous acceptons de bon cur la critique sincère
de la part de tous ceux qui préfèrent rester sur le sol
de la patrie et y exercer leur droit d'expression, nous tenons à
souligner que la loi est le seul arbitre face à quiconque s'avise
de chercher à nuire à l'intérêt de la patrie.
Citoyennes,
Citoyens,
L'indépendance de la Tunisie, son invulnérabilité
et sa prospérité sont une responsabilité dont nous
sommes dépositaires, et que nous assumons en faisant évoluer
notre pays dans tous les domaines, par fidélité au souvenir
des sacrifices des martyrs et des militants et par dévouement
au service de nos jeunes générations.
Notre
confiance en l'avenir croît et s'amplifie, à la faveur
du progrès et du développement que la Tunisie connaît,
aujourd'hui, dans tous les domaines, et des nombreux acquis et réalisations
qu'elle ne cesse d'accomplir, malgré les difficultés qui
apparaissent dans son environnement et les défis auxquels elle
se trouve confrontée.
A
la mesure de notre optimisme, se renforce notre détermination
de faire toujours mieux et plus, tant notre volonté est inflexible
et tant notre confiance en notre peuple est inébranlable; ce
peuple qui a accumulé et continue d'accumuler les hauts faits
de gloire, tout au long de son histoire, avec orgueil et ambition.
Préservons,
donc, cet esprit et faisons preuve de zèle au service de notre
patrie et de notre peuple, pour leur garantir un avenir toujours meilleur.
Dieu
Tout-Puissant a dit : "Je n'ai voulu que la réforme, autant
que je le pouvais. Ma réussite, je ne la dois qu'à Dieu.
C'est à lui que je m'en remets en tout."(CORAN).
Merci
de votre attention.