Intervention
de M. Ali Hachani
Directeur Général des Organisations et Conférences
Internationales au ministère des Affaires étrangères
au 4e Salon International des Investissements et du Partenariat sur
le thème:
"Création du Fonds Mondial de
Solidarité (FMS) :
Initiative novatrice dans la lutte contre la pauvreté"
Genève,
le 30 janvier 2003
Mesdames, Messieurs,
Je suis particulièrement heureux de prendre la parole dans
le cadre de cette session relative aux "Solutions innovatrices
pour financer le développement".
En effet, à notre avis, le Fonds Mondial de Solidarité
(FMS) est par excellence l'une des réponses les plus innovantes
qui aient été apportées jusqu'ici aux défis
d'augmenter les ressources financières au service du développement
et en particulier les ressources destinées aux catégories
les plus démunies.
Je voudrais rappeler ici que la création du FMS qui vient d'être
décidée par l'Assemblée Générale
des Nations Unies à sa dernière session avec l'adoption
unanime de la résolution 57/265
a procédé d'un constat auquel la Communauté Internationale
est arrivée, à savoir que les ressources traditionnelles
de financement du développement déjà insuffisantes
n'atteignent pas les catégories les plus défavorisées
dans les pays en développement. Ceci en raison du cheminement
de ces ressources qui suit souvent des voies bureaucratiques et administratives
lourdes et répond à de conditions financières,
voire politiques, parfois contraignantes.
Au même moment, l'évolution de la situation économique
internationale et les effets, à certains égards, négatifs
de la mondialisation font que la pauvreté s'élargit
et atteint chaque jour des niveaux encore plus terrifiants.
Cette situation qui constitue en elle-même une grave atteinte
aux droits les plus élémentaires de l'Homme et à
la stabilité des sociétés, s'est aggravée
davantage du fait de l'accroissement des extrémismes de tous
genres, qui ont trouvé leur manifestation la plus dramatique
dans les évènements du 11 septembre 2001, évènements
qui ont mis à rude épreuve la paix et la sécurité
dans le monde.
Sans excuser les actes de terrorisme et d'extrémisme que la
Communauté internationale dans son ensemble condamne, l'on
ne peut s'empêcher de remarquer que les frustrations accumulées
et la pauvreté extrême auxquelles de larges parties du
monde sont exposées ne sont pas étrangères à
ces dérives.
La Tunisie qui, grâce au changement opéré le 7
novembre 1987 sous la conduite du Président Zine El Abidine
Ben Ali retrouva sa stabilité politique, a depuis, pris conscience
de l'importance de mener une politique qui allie les mesures d'ouverture
destinées à assurer une croissance soutenue de l'économie
et une politique sociale déterminée dont l'une des composantes
essentielles vise l'éradication des " poches de pauvreté
" qui subsistent.
Cette stratégie, de portée globale et d'essence fondamentalement
humaniste, a permis au pays de connaître un développement
continu et harmonieux dont attestent les institutions financières
internationales.
Parmi les instruments utilisés par la Tunisie pour hisser ce
que nous appelons "les zones d'ombre" de l'état de
besoin à un niveau de vie plus proche de la moyenne nationale,
figure le "Fonds de Solidarité Nationale" communément
connu en Tunisie sous le nom du " Fonds
26/26 ". Ce Fonds créé sur l'initiative du
Président Zine El Abidine Ben Ali le 08 décembre 1992
est une institution innovatrice sur le plan national dans la mesure
où :
1- Ses moyens financiers sont générés
par des contributions volontaires des citoyens tunisiens à
titre individuel et du secteur privé en plus de l'Etat. Les
ressources obtenues s'ajoutent et ne remplacent pas les ressources
traditionnelles consacrées par le Gouvernement et le secteur
privé aux investissements économiques et sociaux qui
couvrent toutes les régions de la République.
2- Ses destinataires sont exclusivement les habitants "
des zones d'ombre ".
3- Les projets qu'elle finance sont de petite dimension et
visent l'amélioration des conditions de vie dans des domaines
tels que, l'électricité, les routes, les écoles,
les soins de santé, etc, ainsi que la fourniture de moyens
pour assurer aux nécessiteux une source de revenu stable.
4- La gestion est légère bien que la transparence
et la rigueur soient garanties.
Depuis sa création, le Fonds de Solidarité Nationale
a réuni des ressources importantes qui ont permis d'atteindre
pas moins de 228 mille familles, soit plus de 1 million de personnes,
ou un dixième de la population tunisienne dans environ 1340
agglomérations devenues grâce à cet instrument,
partie prenante dans la vie économique et sociale du pays après
avoir vécu longtemps en marge de la société.
Cet effort s'est traduit par une baisse importante du taux de la pauvreté,
passé de 7,7% en 1985 à moins de 4% de la population
aujourd'hui.
L'élan national qui a permis d'atteindre ces résultats
est une manifestation éclatante de l'esprit de solidarité
et d'entraide que le Président Ben Ali a réussi à
développer dans le pays et qui a été introduit
récemment dans la Constitution tunisienne à la faveur
d'un amendement ratifié par referendum.
C'est ce même esprit que la Tunisie souhaite voir se propager
dans le monde et devenir l'un des fondements des relations internationales
dans le cadre des intérêts réciproques et d'un
partenariat équilibré. Ceci d'autant plus que la Communauté
Internationale dans son ensemble a, elle aussi, pris conscience depuis
le milieu des années 90 de la nécessité de faire
de la lutte contre la pauvreté l'un de ses objectifs primordiaux
et ce, dans le cadre des dix engagements convenus lors du Sommet sur
le développement social tenu à Copenhague au mois de
mars 1995.
Faut-il rappeler à cet égard l'engagement n° 2 qui
prévoit " l'élimination de la pauvreté dans
le monde grâce à des actions nationales et à une
coopération internationale menées avec détermination
".
L'engagement n° 8 prévoit quant à lui " l'intégration
des objectifs de développement social en particulier, l'élimination
de la pauvreté, la promotion du plein emploi et de l'emploi
productif et l'amélioration de l'insertion sociale dans les
programmes d'ajustement structurel ".
Enfin, l'objectif n° 10 prévoit " le renforcement
par l'intermédiaire de l'ONU et d'autres institutions multilatérales
du cadre de la coopération internationale, régionale
et sous-régionale aux fins du développement social dans
un esprit de partenariat ".
Deux années après le Sommet de Copenhague, l'Assemblée
Générale a lancé " la Première Décennie
des Nations Unies pour l'Eradication de la Pauvreté (1997/2006)
".
Ces deux initiatives internationales ont permis de mettre la lutte
contre la pauvreté parmi les priorités mondiales, et
ont établi ou réitéré des objectifs quantitatifs
dont celui d'atteindre le taux de 0,7 % du PNB des pays riches sous
forme d'aide publique aux pays en développement.
Force est, toutefois, de constater que ces objectifs sont restés
pour la plupart non réalisés et que la pauvreté
dans le monde au lieu de reculer n'a fait que s'aggraver et atteindre
de nouvelles zones dans le monde avec en surcroît la propagation
de l'épidémie du VIH/SIDA .
A titre d'exemple, en Afrique, 340 millions de personnes, soit la
moitié de la population, vivent avec moins d'un dollar $ US
par jour. Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq
ans y est de 140 pour 1000 et l'espérance de vie à la
naissance est de 54 ans seulement. 58% seulement de la population
a accès à l'eau potable. Le taux d'alphabétisation
des personnes de plus de 15 ans est de 41%. Il n'y a que 18 lignes
téléphoniques pour 1000 personnes en Afrique, par rapport
à 146 dans le monde entier et à 567 dans les pays à
revenu élevé. (Chiffres figurant dans le document du
NEPAD - Nouveau Partenariat Pour le Développement de l'Afrique
-).
A l'échelle internationale, 2,4 milliards de personnes n'ont
pas accès aux infrastructures sanitaires de base; 325 millions
d'enfants ne sont pas scolarisés; 1,2 milliard d'individus
ont moins de 1$ US/jour pour vivre et 2,4 milliards disposent de moins
de 2$ US/jour; et 968 millions de personnes sont privées de
l'eau potable.
Cette situation alarmante a amené les Chefs d'Etat dans le
monde réunis à New York lors du Sommet du Millénaire
en septembre 2000 à lancer un cri d'alarme et à affirmer
dans la Déclaration du Millénaire leur engagement à
rendre le droit au développement une réalité
pour chaque personne et à débarrasser l'Humanité
tout entière de la pauvreté.
Dans la même Déclaration, les Chefs d'Etat ont placé
la valeur " de la solidarité " parmi les six valeurs
fondamentales jugées essentielles pour les relations internationales
au 21ème siècle. Ils ont, enfin, défini un certain
nombre d'objectifs concrets à réaliser d'ici 2015 dont
ceux de réduire de 50 % le nombre des personnes vivant sur
moins de 1 $US/jour, d'amener à la moitié la population
souffrant de la faim, de réaliser l'accès universel
à l'éducation primaire, et de réduire de 50%
la proportion de personnes non desservies par l'eau potable.
Ces engagements et objectifs sont d'une importance cruciale pour l'avenir
de l'Humanité et permettez-moi d'ajouter que la Tunisie y voit
la consécration d'une vision qu'elle a eue elle-même
depuis le début des années 90, celle d'une communauté
solidaire dans laquelle le droit au développement et à
une vie digne constitue une partie intégrante des droits de
l'Homme pris dans leur intégralité et leur interconnexion.
Toutefois, ces objectifs continueraient à rester des vux
pieux s'ils ne sont pas accompagnés d'instruments internationaux
pouvant réellement concrétiser la solidarité
de tous, individus, Société Civile et Etats, partout
dans le monde.
Nous pensons en Tunisie que l'instrument national tunisien que j'ai
décrit il y a un instant et qui a fait ses preuves, à
savoir le Fonds de Solidarité Nationale peut, avec les aménagements
et structures nécessaires trouver valablement son pendant au
niveau international. Déjà, un certain nombre de pays
africains frères se sont inspirés de l'expérience
et de l'expertise tunisiennes en établissant des fonds de solidarité
nationale qui commencent à donner des résultats probants.
Pourquoi ne pas penser à un Fonds Mondial de Solidarité
?
Telle fut la question que la Tunisie a posée à la Communauté
Internationale au mois d'août 1999 lorsque le Président
Zine El Abidine Ben Ali, partant du constat que le fossé entre
les peuples se creuse chaque jour davantage et que la pauvreté
augmente dans plusieurs régions du monde, a affirmé
que ceci met la conscience mondiale devant l'un de ses plus grands
défis et appelle à une mobilisation générale.
Il a, à cette occasion, proposé la création d'un
" Fonds Mondial de Solidarité et de Lutte contre la Pauvreté
" en tant qu'instrument appelé à consolider les
mécanismes d'intervention existant pour la lutte contre la
pauvreté dans les régions les plus démunies du
globe.
Le Président Ben Ali a réitéré cet appel
du haut de la tribune de l'Assemblée Générale
à l'occasion du Sommet du Millénaire en septembre 2000
en affirmant que " cette proposition procède, non seulement,
de notre foi profonde en la solidarité entre les Etats et les
peuples en tant que devoir humain et en tant qu'engagement moral,
mais aussi de notre conviction que les droits de l'Homme sont un tout
indivisible et ne se parachèvent que par la sauvegarde de la
dignité de l'être humain et la garantie de son droit
à une vie digne partout où il se trouve".
La Communauté Internationale a réagi d'une manière
très positive à la proposition tunisienne et s'est,
depuis cette date, attelée à parvenir à un consensus
sur les objectifs du FMS, ainsi que sur ses modalités de financement
et de fonctionnement.
Pour parvenir à ce consensus, la Tunisie a déployé
pendant trois ans des efforts inlassables de sensibilisation et ce,
dans trois directions différentes :
1- En direction du Système des Nations Unies où
elle a pris soin en premier lieu d'expliquer au principal organe des
Nations Unies chargé du développement, le Programme
des Nations Unies Pour le Développement (PNUD), la portée
de sa proposition en mettant l'accent sur sa conformité avec
le principal objectif assigné actuellement à ce programme,
à savoir la lutte contre la pauvreté ce qui la rend
complémentaire de son action tout en enrichissant les mécanismes
des Nations Unies d'une structure légère et peu coûteuse
et d'un financement innovateur.
Les concertations avec le PNUD ont permis de dégager une entente
totale sur le fait que le FMS serait un fonds d'affectation spéciale
du PNUD utilisant ses capacités administratives et de gestion
et le réseau des bureaux dont il dispose de par le monde.
Il était clair, par ailleurs, que le FMS ne viendrait pas empiéter
sur les ressources auxquelles le PNUD fait traditionnellement appel
pour financer ses activités puisque le FMS, et c'est l'un de
ses aspects les plus innovateurs, comptera sur des contributions volontaires
des individus, du secteur privé, et des fondations, sans exclure
les Gouvernements qui le souhaitent.
Les Chefs des autres Organismes et Institutions Internationales Spécialisés
des Nations Unies ainsi que le Secrétaire Général
de l'Organisation ont applaudi à cette orientation et nous
ont apporté leur appui tout au long du processus de maturation
du projet.
M. Koffi. Annan a traduit cet appui par deux rapports positifs qu'il
a présentés à l'Assemblée Générale
des Nations Unies à la demande de cette dernière en
2001 et en 2002.
2- En direction des pays en développement : La
Tunisie a pris attache avec les Organisations Régionales et
Politiques concernées auxquelles elle a expliqué la
finalité du Fonds qui est de pallier à la régression
constante des ressources allouées à l'aide au développement
par un recours à des donateurs potentiels jusqu'ici largement
négligés et de s'attaquer par ce biais aux poches de
pauvreté dont la persistance constitue une source d'instabilité
constante pour ces pays. Ayant l'expérience tunisienne à
l'esprit, les pays en développement n'ont pas hésité
à apporter leur soutien à l'initiative et se sont même
mobilisés pour assurer son aboutissement.
3- En direction des pays développés :
La Tunisie n'a pas manqué de mettre l'accent sur le caractère
volontaire des contributions au Fonds, sur son désir d'éviter
tout double emploi avec les structures existantes et sur la viabilité
de l'initiative dans un contexte international caractérisé
par l'accroissement de la pauvreté, responsable en grande partie,
des turbulences politiques et sécuritaires que connaît
le monde aujourd'hui. A la suite de ces concertations, les pays développés
ont réagi positivement à cette initiative ce qui a permis
de réaliser le consensus recherché.
Ainsi, trois ans seulement après son lancement, l'expérience
innovatrice de la Tunisie en matière de lutte contre la pauvreté
est sortie du cadre national à un cadre global. La résolution
57/265 de l'Assemblée Générale adoptée
le 20 décembre 2002 fruit des efforts déployés,
résume les aspects innovateurs du FMS qui est aujourd'hui une
réalité dont les prochains mois verront, nous l'espérons,
l'opérationnalisation effective.
En effet, le FMS :
1- Sera un fonds d'affectation spéciale placé
sous l'autorité du PNUD ce qui lui évitera les contraintes
liées à l'établissement d'une nouvelle administration.
2- Opérera selon les règles de gestion du PNUD
et travaillera donc dans la transparence et la rigueur absolues.
3- Sera destiné à financer des projets de dimension
modeste touchant les populations les plus démunies dans les
pays en développement en particulier ceux les plus pauvres.
Les projets auront pour but de réaliser les Objectifs de Développement
du Millénaire notamment dans le domaine de l'accès à
l'eau salubre, de la réduction de la mortalité infantile
et maternelle, de l'amélioration de l'accès à
l'éducation de base, ainsi que l'amélioration de la
vie des habitants des taudis, etc
4- Les requêtes proviendront des gouvernements des pays
en développement pour financer des projets en vue d'atténuer
la pauvreté y compris ceux exécutés par les Collectivités
locales.
5- Le Fonds comme indiqué précédemment
fera appel à des contributions volontaires des individus, du
secteur privé, des fondations ainsi que des Gouvernements intéressés.
6- Il sera supervisé par un " Comité des
Sages " composé de personnalités mondialement connues
et qui aura pour tâche d'établir la stratégie
du Fonds et d'aider à la mobilisation de ses ressources. La
résolution de l'Assemblée Générale 57/265
a, par ailleurs, demandé au Secrétaire Général
des Nations Unies de charger l'Administrateur du PNUD de prendre les
dispositions nécessaires pour le fonctionnement immédiat
du FMS et de présenter à ce sujet un rapport au Conseil
Economique et Social à sa prochaine Session de fond qui se
tiendra en juillet 2003, à Genève.
Je voudrais insister sur le lien intime établi entre les objectifs
du Fonds et les efforts internationaux en matière de développement
durable ainsi que la stratégie de lutte contre la pauvreté
et l'objectif du Millénaire en vue de réduire de moitié
à l'horizon de l'année 2015 la proportion de la population
mondiale vivant dans des situations d'extrême pauvreté.
Ainsi, la performance du FMS et de son impact sur la pauvreté
seraient évalués par l'Assemblée Générale
tous les cinq ans après sa création, une évaluation
finale devant intervenir en 2015.
Mesdames, Messieurs,
L'initiative de créer le FMS était tunisienne, mais
le Fonds appartient aujourd'hui à la Communauté Internationale.
L'Organisation des Nations Unies a décidé d'élever
l'expérience tunisienne au niveau mondial comme l'a dit M.
March Malloch Brown, Administrateur du PNUD. Il lui appartient donc
de veiller à ce que cet instrument nouveau et innovateur et
dont il n'existe aucun équivalent dans le Système des
Nations Unies, soit opérationnel dans les meilleurs délais
possibles.
L'Administrateur du PNUD l'a bien vu en affirmant quelques heures
après l'adoption de la résolution 57/265, le 20 décembre
2002, que " nous considérons le FMS comme un mécanisme
innovateur qui appuiera les efforts nationaux de développement
grâce à l'énergie d'organisations communautaires,
l'engagement d'individus et le dynamisme du secteur privé ".
La Tunisie continuera de déployer des efforts diplomatiques
intenses afin que les étapes prévues par la résolution
soient respectées à commencer par la désignation
par les Nations Unies du " Comité des Sages ". Il
reste qu'il appartient à nous tous , d'uvrer à
l'identification des ressources de base (ou " Seed ressources
") en provenance des différents contributeurs potentiels.
Le rôle de la Société Civile mondiale, dont vous
êtes une partie agissante, est primordial à cet égard.
Les populations affectées par le fléau de la pauvreté,
et dont le nombre ne cesse d'augmenter se tournent vers vous acteurs
de la Société Civile, vers nous Gouvernements du Nord
comme du Sud pour que la solidarité mondiale proclamée
par le Sommet du Millénaire comme valeur fondamentale du présent
et de l'avenir devienne rapidement réalité palpable.
Je vous remercie de votre attention.