1) DONNEES PRELIMINAIRES
SUR LE FONDS PROPOSE :
1-1 Caractéristiques propres de l'initiative tunisienne :
Le Fonds Mondial de Solidarité vise à renforcer l'action
internationale en matière de lutte contre la pauvreté
et pour l'accélération du rythme de développement
social et humain des pays les plus pauvres.
Il se complète ainsi avec les différentes initiatives
prises au cours des dernières années, au sein des conférences
mondiales et du système des Nations Unies, notamment le nouveau
plan d'allégement de la dette des pays pauvres les plus endettés,
coordonné par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire
international ; les actions entreprises pour développer les institutions
de micro-financement, le renforcement des interventions des ONG, notamment
dans le domaine de la micro-finance, ou l'aide octroyée aux pays
pauvres par les bailleurs de fonds bilatéraux notamment par le
canal de leur agences ou administrations chargées de la coopération
au développement.
L'initiative tunisienne, a toutefois, par rapport à cet ensemble
d'actions, un ensemble de spécificités :
- d'abord, elle fait appel à la solidarité humaine et
comble de ce fait un déficit et un appauvrissement continus dans
le domaine de la solidarité humaine dans le monde.
Elle contribue à la promotion et à la défense de
tous les droits de la personne humaine, et à la sauvegarde de
sa dignité.
C'est cet esprit qui a marqué la Déclaration du Millénaire,
en particulier la section III intitulée "Développement
et élimination de la pauvreté" qui met l'accent sur
la solidarité en tant que valeur fondamentale et universelle
devant sous-tendre les relations internationales au XXIème siècle.
En ce sens, l'initiative tunisienne vise à mobiliser la société
en faveur de la lutte contre la pauvreté en faisant appel à
la solidarité entre Etats et à l'intérieur des
Etats, dans le but de mobiliser les ressources et les énergies
destinées à aider au développement des communautés
et des zones les plus démunies.
Elle est en second lieu, assise sur une expérience longue et
réussie de la Tunisie, en matière de lutte contre la pauvreté,
et de mobilisation de la solidarité nationale en faveur du développement
des communautés et des zones défavorisées. La Tunisie
a réussi à réduire la pauvreté monétaire
à environ 6 %, contre près de 40 % au milieu des années
60, et est régulièrement mentionnée par les organismes
internationaux comme l'un des pays ayant enregistré les succès
les plus spectaculaires dans ce domaine.
Le Fonds de Solidarité
Nationale, plus généralement connu sous le nom de
Fonds 26-26, créé en 1993, termine en l'an 2000 un programme
ambitieux d'intervention dans 1327 zones défavorisées
ayant nécessité des dotations d'environ 500 millions de
dollars sur huit ans, visant à assurer la promotion de l'ensemble
des zones encore défavorisées dans le pays, en les dotant
de commodités et infrastructures de base, et en élevant
les conditions de vie et de revenus de leurs populations.
Enfin, et de ce fait, la proposition de la Tunisie revêt un caractère
opérationnel, grâce au savoir-faire acquis en matière
de mise en place et de réalisation de programmes de développement
visant les communautés et les zones les plus pauvres.
Ce savoir faire peut être mis à la disposition des pays
concernés et des organismes internationaux.
Enfin, la solidarité est dans l'approche tunisienne, conçue
dans son sens le plus large, et ne se limite pas uniquement aux aspects
financiers. Le Fonds a besoin, bien évidemment, de ressources
financières pour financer ses interventions, mais d'autres formes
de solidarités peuvent s'y exprimer : dons en nature, apports
de technologie et de savoir-faire, participation des communautés
et des individus par le travail, mise à profit des capacités
et des expériences diverses en matière de développement
et de promotion des zones et communautés défavorisées
etc… Le Fonds sera ainsi ouvert à tous les "apports"
pouvant enrichir "l'offre initiale", et diversifier les approches
dans un domaine complexe où chacun a besoin de l'expérience
des autres.
1-2 Champ d'intervention :
Ce champ a été fixé clairement dans le discours
du Président Ben Ali du 25 août 1999 : le Fonds interviendra
dans "les régions les plus démunies en diverses parties
du monde, et tout particulièrement dans les pays les plus pauvres".
Au niveau de la nature des interventions, le Fonds devrait placer ses
interventions dans le cadre de la stratégie d'élimination
de la pauvreté propre à chaque Etat.
Mais les objectifs suivants, inscrits du reste dans la Déclaration
et le Programme d'action de Copenhague, ainsi que dans les déclarations
et programmes d'action des grandes conférences et réunions
au Sommet des Nations Unies tenues au cours des dernières années,
seront privilégiés.
- permettre aux populations les plus pauvres d'accéder aux commodités
et services sociaux de base, notamment la santé, l'éducation,
l'eau potable, le logement décent…
- promouvoir et mettre en valeur les ressources humaines dans ces régions
et encourager la création de sources de revenus et d'emplois
productifs, afin d'aider à l'intégration sociale et économique
des populations concernées.
- accroitre la participation des populations visées à
la prise de décision dans les domaines qui les concernent, et
faciliter leur accès aux nouvelles technologies.
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